Vibration

A l’approche des crocs d’une déesse pâle
J’abandonne aux marais un exode trompeur
Pour le gîte bruyant que mon orgueil empale
Sur les vitraux repus qu’investit ma torpeur.

Quand le soleil se cabre et enflamme les vignes
Grandissant l’horizon d’indicibles présages
J’essaime sur son front des bourrasques malignes
Où viennent se blottir d’antiques paysages.

Attelé au verso de cette fée lascive
Dont les faisceaux poreux labourent mes échardes
J’exhume un gouvernail à l’offrande tardive
Qui exile l’album de récoltes blafardes.

J’étaye un doigt fougueux dans une crèche en marbre
Dont l’enchère bannie déracine ma honte
Tandis que s’élabore au-dessous d’un grand arbre
Un clystère étouffant que le hasard affronte.

Cet ossuaire visqueux au bout du marécage
Où j’ai pris cette femme à l’agonie diffuse
J’y retourne parfois assumer le saccage
Que le temps fertilise et que mon joug refuse.

J’ai trahi l’océan pour une crypte ingrate
Et dans la nasse urbaine où tangue une amulette
J’enraye un métronome à l’ode scélérate
Qui flagelle ma cible et tisse mon squelette.

Camille de Archangelisbr> Poèmes extraits de : « A la croisée des chemins »
Editions La Bruyère 2002

Profanation ( second extrait )