J’ai le désir

J’ai le désir de panser mes pleurs
Pour bercer les larmes de douleurs
De ma terre noire agonisante
Sur un lit d’enfer des génies de la mort

J’ai le désir de découvrir le fruit mielleux
Des cinquante années de liberté de nos terres riches
Dont certains ont porté haut les valeurs
Et qui ont payé de leur vie immortelle

J’ai le désir de dire à Sankara et Lumumba
Que leur départ a enterré notre espoir.

Une vie sur un hachoir

Le déluge explose sur le continent preux
La démocratie entre dans la danse tracassière
Sous l’œil lustré de l’imposteur méticuleux
Réduisant en poussière nos cités populacières
Sans émettre le rêve dans nos consciences prostrées

Les fantômes dans les airs effrayés
Restent bouche bée en face de cette dénaturation,
Les ruelles scintillent du rouge de sang
Des victimes innocentes des pouvoirs désastreux,
Que ces pleurs de femmes éblouissent la raison.

Carjo Mouanda
Poèmes extraits de : « Les cygnes de l'aube »
Anthologie, Editions Lire et Méditer 2011