Le Festival Populaire de Poésie Nue


L'histoire


Le 8 juin 1975, le journal Le Monde publiait un article intitulé "Sacrifice et Poésie" consacré à Jean Illel. Ce poète avait brûlé un certain nombre de ses plaquettes en place publique afin d'attirer l'attention des passants sur l'audience dérisoire que recueille la poésie.
Cette action désespérée et médiatique fut pour Rodolph Geraci et moi-même, l'embryon qui nous permit de féconder une rencontre destinée à promouvoir la poésie en la rendant accessible à tous.

Le titre


L'appellation choisie pour cette manifestation fut "Festival Populaire de Poésie Nue", qui se décompose en deux parties :
"Festival Populaire" : met en évidence d'une part, que cette réunion est destinée à un large public et d'autre part, qu'elle doit permettre au plus grand nombre de créateurs de s'exprimer en toute liberté.
"Poésie Nue" : n'est pas pris ici dans le sens d'une rencontre érotique de l'écriture, mais se veut le symbole d'une authenticité de la vision créatrice, volontairement dépouillée de cette forme ampoulée et parfois mièvre qui est trop souvent son apanage.
La poésie est nue lorsqu'elle est vraie, vécue en direct et captée sur le vif. Elle est nue lorsqu'elle exprime la souffrance des prisonniers et des suppliciés, elle est nue quand elle crie la colère contre les injustices que représentent les privilèges de classe, de race et les préjugés. Elle est nue lorsqu'elle exalte l'amour, le chant de la terre, du végétal, de l'animal, de la joie de vivre, de l'amitié et de l'amour partagés.

L'évolution


Alors que lors du premier Festival, il n'y avait que des poètes, au fur et à mesure, cette rencontre s'est ouverte aux musiciens, aux acteurs, aux peintres, aux sculpteurs, aux photographes, aux tapissiers, aux mosaïstes, aux céramistes, aux artisans d'art, aux potiers, aux mimes, aux clowns, aux marionnettistes, aux tisserands, aux graveurs, aux éditeurs, aux libraires, aux vidéastes, aux créateurs d'œuvres vestimentaires, aux sportifs, aux cracheurs de feu et aux montreurs d'ours.

Le prix Michel Saint-Lô du XI ème concours de l'Ile des Poètes a été décerné à Camille de Archangelis le 24 mars 1980 pour l'organisation de cinq premières éditions du "Festival Populaire de Poésie Nue". Cette prestigieuse récompense couronne le caractère original de cette manifestation.